Médias

Gaëlle Cloarec (Qui Vive) : «L’écologie a besoin de plus de démocratie»

La journaliste Gaëlle Cloarec a cofondé Qui Vive, un média en ligne indépendant sur l’écologie en Paca. Accompagné par combo en 2023, le projet porte une ambition forte : mieux informer les citoyens pour qu’ils puissent faire des choix politiques éclairés.
Quel est ton parcours ?

Je suis devenue journaliste à la suite d’une reconversion. Je travaillais dans un grand cabinet de conseil, dans les fonctions support. Après un bilan de compétences, j’ai obtenu un master de journalisme et effectué un stage chez Zibeline, média culturel local, qui m’a embauchée en CDI. J’y ai travaillé 10 ans et tenu une rubrique sur l’écologie, jusqu’à ce que Zibeline mette la clé sous la porte et renaisse sous une autre forme. J’ai ensuite décidé de travailler en indépendante, à la pige.  

En quoi consiste Qui Vive ?

J’ai toujours pensé que l’écologie était le sujet le plus important de notre temps et qu’il fallait pouvoir en parler de manière concrète, dans un cadre déontologique sérieux, sans pressions économiques. Qui Vive est né de cette volonté. Alors que la plupart des publications écologistes sont parisiano-centrées, Qui Vive est un média en ligne ancré dans notre région. On y traite de tout : société, politique… Mais en chaussant des lunettes écolo. En juillet 2026, nous avons par exemple publié un article sur les polluants éternels en Paca et, plus récemment, un reportage sur l’eau dans le massif de la Sainte-Beaume. Notre média est en accès libre car il me paraît essentiel – ainsi qu’aux deux autres cofondateurs Carla Garson et Nicolas Delcros –  que l’information soit accessible à tout le monde.

Pour l’instant, je ne vis pas de cette activité. Je le fais par conviction que le journalisme est un pilier de notre démocratie et que l’écologie a besoin de plus de démocratie. Il faut battre en brèche l’idée que celle-ci est forcément contraignante et punitive. Face aux climatosceptiques, aux attaques de la droite et de l’extrême droite, la population doit être correctement informée sur le sujet et associée aux décisions politiques. Un peu comme cela été le cas avec la Convention citoyenne pour le climat, mais dont seulement 16 % des décisions ont finalement été appliquées.

Que t’as apporté l’accompagnement en Starter (devenu Starter+) ?

J’ai suivi le Starter en 2023, au moment où l’on passait de l’idée à la concrétisation du projet. J’ai beaucoup apprécié le programme : il était humainement riche de rencontrer d’autres porteur·euses projets, avec qui je suis d’ailleurs toujours en contact. L’accompagnement propose un bon équilibre entre encadrement et liberté : les accompagnateur·ices nous soutiennent mais ne font pas à notre place.

J’ai apprécié la remise en contexte sur l’histoire et les valeurs de l’économie sociale et solidaire et la clarification des statuts que comporte le secteur. Nous avons décidé de nous structurer en association, car cela nous semblait plus souple à mettre en place et correspondre à notre modèle, axé sur les dons.

Quelles sont les prochaines étapes pour Qui Vive ?

La Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) a reconnu Qui Vive comme service de presse en ligne d’information politique et générale. C’est une très belle reconnaissance du travail accompli. Mais le journalisme de qualité coûte cher, car il nécessite du temps. Les salaires forment le gros des coûts et il faut aussi parfois défrayer les déplacements sur le terrain. Notre objectif est donc de pouvoir rémunérer les pigistes et le travail administratif. C’est ce qui nous permettra de durer. L’engagement bénévole ne doit pas nous épuiser. On aimerait aussi organiser des réunions de rédaction participatives, pour que les citoyen·nes puissent s’impliquer dans le choix des sujets.

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Et maintenant, passez à l’action !
  • Faites connaître Qui Vive : parlez-en autour de vous, relayez les articles
  • Soutenez financièrement le média et relayez sa campagne d’appel aux dons (déductible des impôts)
  • Si vous travaillez dans l’Éducation nationale, n’hésitez pas à faire appel aux journalistes de Qui Vive pour des ateliers d’éducation aux médias.
  • Vous êtes porteur·euse de projet ? N’hésitez pas à contacter la rédaction, pour faire connaître votre initiative.

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Crédit photo : Emilie Beyssac

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